Les grandes figures de la flûte traversière en France au XVIIIe siècle
Programme pour traverso, viole de gambe et clavecin

Jusqu’ici réservée, notamment en Allemagne au XVIe et une grande partie du XVIIe siècles à une utilisation en quatuor ou en consort (ensemble de flutes), la flûte traversière en ce dernier quart du XVIIe siècle devient en France un instrument soliste à part entière à l’instar du violon ou encore de la flûte à bec.
Jacques-Martin Hotteterre (1674-1763) flûtiste et hautboïste à la Chambre du Roy, issu d’une famille de fabricants d’instruments à vents, va par le simple ajout d’une seule et unique clef vers le bas de l’instrument, permettre à la flûte traversière d’accéder aux chromatismes et par là-même de jouer dans toutes les tonalités mineures et majeures. Notons tout de même que si Hotteterre, par sa géniale invention hisse la flûte traversière au même rang que sa rivale la flûte à bec très en vogue à l’époque, n’aura de cesse de rappeler dans tous ses ouvrages pédagogiques combien la flûte traversière se doit d’être l’égal de la voix humaine tant dans sa fonction déclamatoire et qu’expressive.
C’est avec Michel Blavet (1700-1768) au cours du XVIIIe siècle que les attributions de cet instrument vont changer. En premier lieu, le goût musical évolue et avec lui la nécessité d’entendre plus d’effets de virtuosité pure, issu d’un style italien de plus en plus présent en France en cette première moitié du XVIIIe siècle.
Jean-Marie Leclair (1697-1764) après un long séjour en Italie, compose en 1723 son deuxième recueil de sonates pour le violon et la basse continue et indique dans sa préface qu’il est possible pour certaines d’entre elles d’être interprétées sur « la flûte allemande ».
Dès lors, la littérature dédiée à la flûte traversière explose littéralement au XVIIIe siècle, avec pour effet de donner naissance à des œuvres plus ou moins intéressantes. Pour ce programme autour des grandes figures de la flûte traversière, notre choix s’est porté sur quelques œuvres emblématiques du répertoire, permettant ainsi d’illustrer les différentes facettes tant expressives que techniques dévolues au jeu de cet instrument. Enfin, La sonate en trio de Jean-Marie Leclair pour flûte, viole et basse continue clôturant notre programme offre une palette sonore différente des autres pièces dès lors qu’elle confère à la viole de gambe non plus le simple rôle de doublure de la main gauche du clavecin mais celui de soliste à part entière, une façon aussi de rendre hommage à un instrument qui s’effacera progressivement à la fin du XVIIIème siècle laissant alors la place à son rival de toujours, le violoncelle.

Les solistes du Concert d’Astrée
Jocelyn Daubigney, traverso
Isabelle Saint-Yves, viole de gambe
Violaine Cochard, clavecin

Mercredi 7 avril à 18h
Opéra de Lille

Durée : + / – 1h

+ d’infos et réservations sur le site de l’Opéra de Lille