Paris est devenu un centre de facture instrumentale célèbre et attractif avec l’arrivée en France en 1770 de Marie-Antoinette (1755-1793), future Reine de France et elle-même harpiste. Elle incite la cour à suivre son penchant pour l’instrument qui devient indissociable de l’engouement des français pour le genre de la romance.

Dans la capitale, de nombreux facteurs parisiens (les frères Louvet, Renault & Chatelain, Cousineau père & fils, Naderman) côtoient plusieurs facteurs originaires d’Allemagne (Krupp, Godefroy, Henry, Jean Baptiste Holtzman, Zimmermann). Une soixantaine de professeurs est recensée pour l’année 1784.

La facture des harpes à l’époque de Louis XVI atteint un raffinement jamais égalé, reflet de sa clientèle aristocratique : consoles terminées par des volutes somptueusement décorées, colonnes ouvragées, tables d’harmonie décorées de bouquets, guirlandes et scènes peintes.

A côté d’instruments de prestige réservés à l’aristocratie et dont les prix atteignent des sommets (une harpe peut être plus coûteuse qu’un clavecin à deux claviers), on trouve aussi des instruments plus simples sans doute destinés à des gens moins fortunés (dont les musiciens eux-mêmes). Mais seules les harpes ornées de beaux décors ont été conservées.

La littérature pour harpe est extrêmement abondante dans les années 1780. Plusieurs grands harpistes ont laissé des œuvres qui appartiennent toujours au répertoire : outre Christian Hochbrucker et Philippe-Jacques Meyer, auteur de la première méthode de harpe en 1763, Jean-Baptiste Krumpholtz joue un rôle important dans l’évolution de l’écriture pour harpe, mais aussi Francesco Petrini (1744-1819) ainsi que Jacques Georges Cousineau (1760-1824), fils de Georges et Jean François Joseph Naderman (1781-1835), fils de Jean Henri. Adrien Boieldieu compose en 1800 un Concerto pour harpe.

Jean-Baptiste Krumpholtz (1745-1790)
Sonate en fa pour flûte et harpe : Allegro moderato – romance – Minuetto en rondo

Joseph Naderman/Jean-Louis Tulou (1781-1835)
Nocturne pour flûte et harpe : Larghetto sostenuto – tyrolienne de Guillaume tell
(Andante poco Allegretto) – rondoletto (Allegro ma non troppo)

Gioachino Rossini (1792-1868)
Andante con Variazioni

Gaetano Donizetti (1797-1848)
Sonate en sol Larghetto – Allegro

Robert Nicolas Charles Bochsa (1789-1856)
Nocturne pour flûte et harpe op.71 n°2

Avec
Les Solistes du Concert d’Astrée
Jocelyn Daubigney,
flûte
Virginie Tarrête, harpe

Église de Nomain
Samedi 9 novembre 2019, 20h

Durée du concert: 1h30 environ avec entracte

Concert programmé dans le cadre des Rencontres culturelles en Pévèle Carembault
http://rcpc.fr/informations-contact-culturelles-pevele-carembault